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INTÉGRATION DES FEMMES IMMIGRANTES EN EMPLOI : Conseils pour les chercheuses d’emploi ou les nouvelles employées

14 janvier 2019

Le 7 novembre dernier, le Centre d’intégration au marché de l’emploi – CIME, en collaboration avec Sherbrooke Innopole, organisait un panel de discussion sur la Diversité en emploi, plus précisément sur l’intégration des femmes immigrantes en emploi.

Les panélistes ont discuté, entre autres, des obstacles rencontrés par les femmes immigrantes dans leur processus de recherche d’emploi, des pistes de solutions pour favoriser leur intégration, des avantages de la mixité et de la diversité dans les équipes de travail. Nos spécialistes ont fait part de leurs expériences et ont formulé de nombreux conseils pratiques (*Si vous êtes un employeur, consultez les conseils dédiés aux employeurs dans cet autre billet de blogue.)

Les panélistes étaient (de gauche à droite) :

Panel sur la diversité et les femmes en emploi

Voici les 12 conseils de nos panélistes pour les femmes immigrantes ou non en recherche d’emploi, ou encore pour les nouvelles employées. Ces 12 conseils sont classés dans les 4 grandes étapes de la recherche d’emploi : 1) la préparation, 2) l’exploration et/ou la formation, 3) la recherche d’emploi et finalement, 4) l’intégration et le maintien en poste.

 

ÉTAPE 1 – LA PRÉPARATION

Conseil 1 – S’informer et parler français

À la base, les panélistes s’entendaient sur la nécessité de bien se préparer à la recherche d’emploi et ensuite, de foncer. Notamment, il est primordial de s’informer sur les coutumes du Québec. L’une des panélistes a même suggéré de regarder des séries télé québécoises pour voir comment les gens vivent ici! Une autre a souligné l’importance, pour celles qui ne sont pas francophones, de prendre des cours de français, question de bien comprendre et de bien se faire comprendre. Finalement, le constat général est qu’il est du devoir des nouvelles arrivantes de s’informer sur les méthodes de recherche d’emploi et de ne pas hésiter à aller chercher du soutien. Cela dit, la réalité des personnes immigrantes – et des femmes québécoises aussi! – est particulièrement complexe, c’est pourquoi s’organiser est essentiel.

Conseil 2 – S’organiser

Luz Stella Arias, entrepreneure et panéliste

En emploi et même avant, lors de la recherche d’emploi, les femmes se confrontent à la conciliation famille-travail. « Il y a tout un travail d’organisation pour gérer ça, pour que la famille puisse continuer de rouler, pour identifier méthodes qu’on peut 

développer pour responsabiliser tous les gens qui gravitent autour de la cellule familiale », spécifie Joana Méthot, agente de milieu et conseillère en emploi, qui précise qu’au CIME, les intervenantes offrent ce genre de soutien aux femmes.

Vous venez d’arriver au Québec et vous ne vous y retrouvez pas dans la complexité administrative des demandes de résidence permanente, de citoyenneté canadienne ou de certificat de sélection du Québec? Le Service d’aide aux néo-canadiens (SANC) offre plusieurs services pour faciliter l’accueil des néo-canadien.ne.s dans la région. Le SANC peut vous aider tant avec votre examen de citoyenneté canadienne que pour trouver de l’hébergement. Si vous êtes étudiante, J’adopte l’Estrie, un projet de Sherbrooke Innopole, vous propose des événements et du soutien relativement à votre recherche d’emploi.

« Quand on arrive au Québec, il faut recommencer à zéro et oser se lancer, ne manquez jamais de courage, recommande avec passion Luz Stella Arias, entrepreneure en entretien ménager. Moi je n’avais jamais fait ça, travailler en entretien ménager, mais là je me suis lancée, et j’adore mon travail. »

Conseil 3 – Faire appel à des organismes d’aide à l’emploi

Dès le début de votre démarche, faites appel à des organismes d’aide à l’emploi. De l’étape de la préparation jusqu’au maintien en poste, demandez le soutien de nos conseillères au CIME. Elles sauront identifier avec vous vos forces et vos points à améliorer, et elles vous guideront dans le processus de recherche d’emploi. Conseils, amélioration du CV, pratiques d’entrevue, méthodes de recherche d’emploi… elles sont là pour vous aider à trouver votre place sur le marché du travail.

« Je sentais que je n’avais pas d’avancée dans ma recherche d’emploi. Je me suis dit ‘’Il faudrait que j’aille chercher de l’aide ailleurs, c’est trop lourd, pour moi, mon conjoint, ma famille qui s’inquiète…’’ J’ai trouvé le CIME sur internet, je me suis dit que je n’avais rien à perdre. Et là, j’ai rencontré Joannie. Je me suis rendu compte que ce qu’elle pouvait m’apporter, c’est la confiance en moi. Je ne suis pas toute seule et je peux me trouver un emploi! Ça dépend de la façon dont on formule les choses. » Elle expliquait qu’il ne faut pas minimiser ou négliger nos connaissances complémentaires (par exemple, être bilingue). 

Conseil 4 – Utiliser son réseau

Le réseau, professionnel ou personnel, est d’une importance capitale pour se trouver un emploi et pour créer des liens, il faut l’entretenir : « J’ai réussi à me trouver un emploi grâce à un ami, il m’a dit qu’ils cherchaient quelqu’un à son travail, alors j’ai osé », raconte Alix Beaudot, qui précise que moins d’une semaine plus tard, elle avait eu l’entrevue et avait été sélectionnée.

Luz Stella insiste elle aussi sur la force du réseau : « on fonctionne souvent par le bouche à oreille pour notre recrutement, quand les gens nous disent ‘’je connais quelqu’un qui pourrait travailler pour vous’’, on a plus confiance. Et en entretien ménager, la confiance c’est très important. Parfois ce sont des gens qui viennent d’un autre domaine, mais ce n’est pas grave, on donne la chance aux gens, si on sent qu’il y a de la chimie et du respect. »

ÉTAPE 2 – EXPLORATION ET FORMATION

 Conseil 5 – Se perfectionner et faire reconnaître ses compétences

« Parfois, il faut piler sur son orgueil et accepter qu’on ne sera pas toujours reconnue pour les études faites dans notre pays, explique Nadège Bardiot. Moi, par exemple, malgré ma maîtrise, j’ai dû faire un DEP [diplôme d’études professionnelles] au Québec, pour me spécialiser dans mon domaine. » 

La reconnaissance des acquis et compétences est aussi l’une des clés du succès. Il est recommandé de le faire le plus tôt possible afin de démontrer la validité de votre formation. Pour plus de détails, informez-vous auprès des différents établissements d’enseignement de la région (Cégep de Sherbrooke, Université de Sherbrooke, Centres de formation professionnelle, etc.).

Conseil 6 – Explorer les possibilités

Nadège Bardiot, Joana Méthot et Daniel Beauregard, panélistes

Si vous souhaitez vous réorienter, communiquez avec nos conseillères d’aide à l’emploi, elles sont au fait des formations offertes dans la région et des bonnes perspectives d’emploi au Québec. Qui sait, votre prochain emploi sera peut-être dans un métier non traditionnel. Vous étudiez dans un métier non traditionnel et vous avez besoin de soutien? Notre service gratuit d’accompagnement au maintien aux études saura vous outiller.

Comme toute femme, vos connaissances et vos aptitudes développées dans le cadre d’expériences précédentes vous ont construite comme travailleuse. Le transfert des compétences est donc un excellent moyen d’appliquer vos habiletés dans un autre domaine. Par exemple, un intérêt et des aptitudes pour la vente dans une boutique de vêtements peuvent se transférer vers la vente de pièces automobiles. Dans les deux cas, on fait appel à l’intérêt pour le contact humain et aux compétences requises pour le service à la clientèle et la vente, mais le salaire est supérieur dans le secteur automobile.

Chez CIME, l’exploration des choix professionnels occupe une place de premier plan dans notre aide à l’emploi, nous ferons les démarches avec vous afin de cibler comment vos compétences peuvent être transférées ou quelle formation vous conviendrait le mieux.

 

ÉTAPE 3 – RECHERCHE D’EMPLOI 

Conseil 7 – S’informer et s’adapter

S’informer sur la culture du travail au Québec et s’adapter à cette réalité sont les premiers pas vers le succès de votre carrière.  « Même si l’employeur québécois a d’emblée un plus grand pas à faire puisqu’il est confortable dans sa propre culture, les personnes immigrantes doivent s’informer sur la culture du travail au Québec, ne serait-ce que pour la ponctualité et l’assiduité », nuance Daniel Beauregard, responsable RH chez Sherbrooke OEM. Les deux agentes de milieux du CIME ont d’ailleurs mis sur pied un atelier nommé « Travailler au Québec », profitez-en!

Par ailleurs, il est essentiel d’adapter votre CV au Québec. Les curriculums vitae sont différents en fonction du pays et des cultures, ajustez le vôtre afin qu’il cadre dans les recherches des employeurs québécois. Informez-vous aussi sur le processus d’entrevue et d’embauche. Vous aurez ainsi l’heure juste sur les étapes à venir. Vous avez besoin de conseils? Les conseillères en emploi du CIME sauront vous guider.  

Alix, de son côté, a fait appel à Anne-Marie Côté, chargée du projet J’adopte l’Estrie, chez Sherbrooke Innopole. « Elle m’a aidée à me faire confiance, elle m’a aidée avec mon CV, elle m’a relancée, elle m’a aidée avec mes démarches administratives. J’avais mon permis de travail, j’avais fait une demande de CSQ [Certificat de sélection du Québec], mais ce n’était pas la bonne! Donc elle a fait des démarches pour m’accompagner dans la modification de cette demande, et là je l’ai eu. Il ne faut pas négliger ces processus, être en contact avec quelqu’un qui connait ça, ça aide vraiment. »

Conseil 8 – Axer sur le savoir-être et mettre de l’avant vos compétences

Nous avons demandé aux deux employeurs du panel ce qu’il et elle cherchaient lors d’entrevues. Voici ce que nos panélistes recherchent chez les candidat.e.s :

La motivation, la disponibilité, la chimie avec l’équipe. La confiance, le respect. La capacité à s’exprimer, à dialoguer, à répondre aux questions. Bref, le savoir-être. « Les compétences techniques, c’est facile à vérifier, explique Daniel. En entrevue, je m’attarde au non-dit, au caractère ». Il précise que les formations et différentes expertises ont bien sûr leur rôle, entre autres, les DEP (diplômes d’études professionnelles) sont très importants, « parce que les capacités techniques sont nécessaires, on ne peut pas passer à côté. »

En fonction de votre personnalité, il y a un poste qui existe pour vous dans cette jungle du marché du travail : « Si par exemple, j’embauche une personne pour la recherche et le développement, ça prend quelqu’un qui est plus concentré, je sais qu’il ou elle va faire moins de travail d’équipe. Mais dans la salle à dessin, par exemple, c’est le contraire : Tout le monde travaille ensemble, tout le monde prend ses pauses en même temps, donc je m’assure que la personne embauchée soit capable de cadrer dans l’équipe. »

Conseil 9 – Faire un suivi

Après l’entrevue, démontrez votre intérêt et faites des suivis, vous prouvez ainsi que vous êtes organisée. Par exemple, après son entrevue, Nadège s’est proposée comme bénévole à un événement de l’entreprise où elle avait postulé, ce qui témoignait de sa passion et de son authenticité. Elle a appris deux jours plus tard qu’elle avait été choisie pour le poste!

Conseil 10 – Garder confiance et s’améliorer

Vous avez passé plusieurs entrevues, mais aucun employeur ne vous embauche? Rappelez-vous qu’il faut éviter de percevoir les tentatives d’emploi infructueuses comme des échecs, mais bien comme des étapes d’un processus, comme des apprentissages. Il est bien vu aussi de demander à un employeur qui ne vous a pas choisie la raison de son choix. C’est ainsi que vous comprendrez mieux les décisions et que vous vous améliorerez sans cesse.

EXTRAIT VIDÉO

Nadège a fait appel au CIME pour sa recherche d’emploi, elle témoigne de son expérience dans la vidéo ci-dessous :

ÉTAPE 4 – INTÉGRATION ET MAINTIEN EN POSTE

Conseil 11 – Comprendre sa place dans l’entreprise

Comme la compréhension du rôle, des tâches et de la culture de l’organisation est essentielle à une intégration réussie, il est de mise de clarifier le tout dès l’arrivée en poste. Si l’employeur ne le fait pas, n’hésitez pas à aborder le sujet. À cet égard, Alix recommande de poser des questions s’il y a quelque chose qu’on ne comprend pas, que ce soit à notre gestionnaire ou à un.e collègue. Pour sa part, Benoit ajoute qu’il ne faut pas sous-estimer le réseau informel et les amitiés de travail. C’est en créant des liens qu’on se sentira à notre place dans une organisation.

De son côté, Nadège confiait que parfois, des blagues ou des commentaires envers les gens d’autres cultures sont récurrents, ce qui peut devenir agaçant et dévalorisant. Un conseil aux collègues? Évitez ces propos, ce n’est pas nécessaire, même si ce n’est « que pour rire ». Et nouvelles employées, si ça devient embêtant, mentionnez à vos collègues que vous ne vous sentez pas à l’aise avec ces blagues. S’il n’y a pas d’améliorations, glissez-en un mot à votre gestionnaire.

Conseil 12 – Prendre son temps et s’outiller

Finalement, faites preuve de patience et respectez-vous. L’intégration peut prendre du temps. Comme l’explique Benoit, « c’est un processus à moyen terme. Ça n’arrive pas du jour au lendemain, et parfois c’est circulaire. Il faut faire preuve de patience, autant comme employeur que comme employé.e. ».

Joana rappelle que le CIME offre la possibilité du stage d’intégration, au cours duquel les intervenantes échangent tant avec les femmes qu’avec les employeurs, afin de s’assurer que l’intégration soit réussie. Le stage peut être une bonne façon de vous familiariser avec un emploi ou un domaine.

Il arrive que l’intégration et le maintien en poste soient plus complexes, surtout pour les femmes dans les métiers non traditionnels. Si vous avez besoin d’un coup de main dans votre intégration et votre maintien à l’emploi, sachez que le CIME offre un service d’accompagnement au maintien en emploi. Cette démarche gratuite permet des rencontres tripartites incluant l’employée, le gestionnaire et une conseillère en aide à l’emploi du CIME.

Crédit photo : Laurie Dugas, Sherbrooke Innopole